Erevan
Le mois de février s’est distingué dans le domaine éducatif par des initiatives actives et enrichissantes visant le développement professionnel des enseignants de français et le renforcement de la coopération.
Formation et développement professionnel des enseignants
Avec la participation d’Ara Atayan, pédagogue du complexe éducatif « Aregnazan », une formation intitulée « Travailler avec les tempéraments » a été organisée. Les enseignants participants ont acquis des outils pratiques leur permettant d’adapter la planification des cours au profil psychologique de chaque élève, rendant ainsi le processus d’apprentissage plus efficace et personnalisé.
La phase finale intensive de trois jours de notre programme de formation de longue durée consacré à l’enseignement du français s’est achevée. Elle a été marquée par l’innovation, la créativité et la chaleur francophone.
Au cours de ces journées, nous avons transformé les connaissances théoriques en outils pratiques, élaboré de nouvelles méthodes pédagogiques et créé des jeux, des quêtes et des supports visuels prêts à être utilisés en classe.
Nos enseignants se sont affirmés comme concepteurs pédagogiques et créateurs de jeux, façonnant une nouvelle culture d’enseignement destinée à rendre les cours de français plus engageants et mémorables.
Le point culminant de la formation a été la rencontre avec l’artiste apprécié et fervent défenseur de la culture francophone, Hayk Petrosyan. Ensemble, nous avons redécouvert Charles Aznavour non seulement comme grand chansonnier, mais aussi comme acteur et symbole culturel.
Au rythme des mélodies d’Aznavour, nous avons chanté, partagé nos émotions et réaffirmé que la meilleure façon d’enseigner une langue passe par la culture et l’amour.
Nous remercions tous les participants pour leur énergie inépuisable et leurs approches créatives. Ils sont prêts à retourner en classe avec un nouvel élan et à diffuser la magie du français.
Club de lecture
Le club de lecture autour de Villa Fidelia de Jean Villemin, en présence de l’auteur, s’est déroulée dans une atmosphère particulièrement chaleureuse et profonde. La soirée est devenue un véritable espace de réflexion partagée.
Une question a marqué les échanges :
« Comment écrire l’Histoire sans la figer, sans l’illustrer, mais en la laissant vibrer à travers des vies singulières ? »
Autour de cette interrogation ont émergé d’autres questions tout aussi essentielles :
Les lieux gardent-ils la mémoire des êtres ?
Comment trouver l’équilibre entre récit personnel et dimension historique ?
L’art peut-il devenir une forme de transmission de la mémoire ?
L’ambiance était empreinte d’écoute et de délicatesse. Le dialogue avec l’auteur a permis d’explorer la genèse de l’œuvre, la place du silence et des espaces dans la narration, ainsi que la manière dont l’Histoire traverse les murs d’une maison et s’impose à l’intime.
Les interventions du public ont montré combien le livre avait touché chacun différemment : certains l’ont ressenti comme un récit intime, d’autres comme un témoignage historique, d’autres encore comme une méditation sur la mémoire.
La rencontre s’est achevée sur une idée forte : Peut-être que la littérature ne nous évite pas les forêts sombres… mais elle nous apprend à y marcher autrement.
Webinaire eTwinning
Avec le soutien de l’Ambassade de France en Arménie, une rencontre en ligne d’envergure a été organisée, réunissant environ 130 participants inscrits.
Le webinaire était animé par les expertes Blandine Boureau, Tatevik Yaltaghchyan et Armine Grigoryan.
L’objectif principal était de promouvoir la communication interculturelle dans l’enseignement du français grâce à l’utilisation efficace des plateformes internationales. Des orientations claires ont été présentées concernant l’inscription sur la plateforme, la coopération avec des partenaires d’autres pays francophones et la mise en œuvre de projets éducatifs communs.
L’événement a eu un impact immédiat : dès le jour même, de nouveaux utilisateurs se sont inscrits, prêts à intégrer les outils numériques dans le processus d’enseignement des langues.
Activités francophones dans les écoles
Le travail des volontaires se poursuit dans plusieurs écoles d’Erevan. En collaboration avec les enseignants, ils organisent des dialogues, des jeux de rôle et d’autres activités communicatives favorisant le développement de l’expression orale des élèves.
Préparatifs des « Journées de la Francophonie »
L’équipe « Francophonie » prépare activement les événements prévus en mars-avril, visant à présenter la diversité et la richesse de la langue française et des cultures francophones.
Les initiatives à venir visent à renforcer les ponts éducatifs et culturels, soulignant une fois de plus que la langue n’est pas seulement un moyen de communication, mais aussi un élément essentiel de l’identité culturelle.
Gumri
À Gumri, le mois a été riche pour le projet théâtral « Martin Pashayan ». Dans le cadre du concours « Merci հետո կասես / tu diras MERCI après », initié par l’Ambassade de France en Arménie, des tournages de clips vidéo ont été réalisés et sont désormais disponibles sur les plateformes en ligne. Parallèlement, des discussions thématiques ont été menées en préparation des prochaines représentations, posant les bases conceptuelles de la nouvelle saison théâtrale.
Fidèles à la devise de l’Organisation internationale de la Francophonie — « Je m’éduque, donc j’agis », — nos troupes ont choisi d’explorer les racines de l’engagement civique à travers l’éducation. Il s’agit d’un dialogue créatif entre le voyage initiatique d’Oz et la sagesse héritée de Hovhannès Toumanian, où apprendre devient un moyen de transformer le monde.
Nos adolescents emmèneront le public sur la route de briques jaunes, inspirée de The Wonderful Wizard of Oz. Cependant, ce voyage est avant tout intérieur. À travers les épreuves de Dorothy et de ses compagnons, la pièce « Leçons invisibles », mise en scène par Lena Galstyan, souligne que l’éducation ne se limite pas aux bancs de l’école : elle naît dans chaque difficulté surmontée et chaque amitié créée.
C’est une histoire de courage, de sagesse et d’apprentissage du cœur, révélant que l’acte le plus noble naît de l’expérience et du savoir accumulés en nous.
Pour le deuxième groupe des plus jeunes, la mise en scène d’Anahit Ghazaryan puise dans le trésor national arménien. Inspiré des œuvres de Hovhannès Toumanian, le spectacle « Dans le monde des contes » transforme le théâtre en espace de transmission des valeurs.
Les contes de Toumanian, riches en esprit et en vérité, deviennent les premières pierres de l’éducation civique. En apprenant à distinguer la ruse de la bonté, la vanité de la sagesse, les enfants font leurs premiers pas conscients en tant que futurs citoyens. Le jeu devient une expérience pratique de la morale : comprendre les règles de l’autre pour mieux agir ensemble.
La combinaison de ces deux créations forme une vision culturelle globale. Le dialogue entre l’univers imaginaire d’Oz et l’héritage de Toumanian s’harmonise pleinement avec l’idée de diversité du monde francophone.
Notre projet de la promotion de la Francophonie a grandement bénéficié de l’engagement du volontaire de l’organisation « Depi Hayk », partenaire de KASA, Sasha Der Sarkissian, qui poursuivra sa mission au sein de notre fondation jusqu’en mai.
Le théâtre comme moyen d’expression, les arts plastiques et le sport comme vecteurs de cohésion sont devenus, grâce à l’initiative de Sasha, des outils efficaces d’activation linguistique. Sasha a su créer un environnement où les enfants et adolescents de Gumri utilisent naturellement le français comme un moyen vivant de communication, et non simplement comme une matière scolaire.
Sasha partage ses impressions :
« Je m’appelle Sasha Der Sarkissian et cette année je suis volontaire au sein de l’organisation “Depi Hayk”. Dans ce cadre, j’ai rejoint KASA Gumri pour trois mois. Mes premières impressions sont extrêmement positives : chaque jour, j’apprends quelque chose de nouveau sur la ville et ses habitants. L’équipe n’a ménagé aucun effort pour m’intégrer rapidement, créant une atmosphère chaleureuse et bienveillante.
Concrètement, ma mission est très enrichissante : je participe à la diffusion du français à travers différents projets, du théâtre à la peinture et au chant. Chaque jour, je découvre davantage l’Arménie, moi-même et, paradoxalement, la France. Je suis reconnaissant pour cet accueil et j’attends avec impatience le Mois de la Francophonie, qui promet d’être riche en découvertes et en échanges. »






