«Occident et Orient, deux mondes…»

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cde.am – « Occident et Orient, deux mondes qui ont construit leurs identités respectives sur l’opposition. Une histoire de conflits, mais aussi de dialogues où l’un n’aurait pas pu se développer sans l’autre, dans le bien tout comme dans le mal ». Histoire – que le « progrès » de l’humanité n’a pas permis pour autant de rendre moins compliquée et dont aujourd’hui on goûte encore l’amertume, malheureusement plus présente que la conscience de la richesse et de l’ouverture apportées -, autour de laquelle avait été conçue la rencontre littéraire du 24 mai, dans le cadre du partenariat entre le projet de la Francophonie de la Fondation humanitaire suisse KASA et l’Alliance française d’Arménie.

Partagés par des milliers de personnes dans les quatre coins du monde, le français et la littérature francophone, forcément diverse et riche, peuvent aider dans nos tentatives de casser le clivage entre l’Orient et l’Occident et de rétablir le dialogue, sont convaincus les initiateurs du cycle des soirées littéraires Maxence Smaniotto, responsable de la Francophonie auprès de KASA, et Luciné Abgaryan, responsable de la médiathèque à l’Alliance Française et doctorante de littérature auprès de l’Université Brusov. « À l’ère de la mondialisation, les informations circulent de plus en plus mais leurs contenus deviennent de plus en plus similaires, tandis qu’un dialogue a besoin de nos différences », selon M. Smaniotto, d’où, le repli sur elles-mêmes, les revendications identitaires et la radicalisation religieuse de beaucoup de populations de la planète, comme réaction à cette uniformisation et à la destruction de toute altérité.


Sur un tel fond, la pensée et les œuvres des auteurs francophones ont la capacité de fournir des clés et une ouverture d’esprit permettant une lecture différente de l’actualité, qu’il s’agisse des migrations, du terrorisme, de la montée de l’extrémisme, de l’identité, etc. En l’occurrence, on retrouvait parmi les écrivains choisis pour raconter les rapports, historiques ou présents, entre Orient et Occident : Amin Maalouf, ce « chrétien d’Orient et Arabe d’Occident » ayant fait des identités – forcément plurielles, selon l’écrivain – l’un des thèmes centraux de son œuvre, Jean-Claude Izzo, écrivain français d’origines italienne et espagnole dont les œuvres sont indissociables du creuset identitaire qu’est sa Marseille natale, et Chahan Chahnour ou Armen Lubin, écrivain français d’origine arménienne rescapé du Génocide.


L’abondance de personnages arméniens et de références à l’Arménie dans l’oeuvre de Maalouf, et surtout le roman « La retraite sans fanfare » de Chahan Chahnour ont permis également de réfléchir ensemble sur la place et le rôle, dans ce dialogue, de l’Arménie, pays historiquement au carrefour entre l’Occident et l’Orient dont les rois et les princes faisaient la guerre et nouaient des accords avec des souverains autant en Orient qu’en Occident, aux temps de leur puissance ou durant les trêves entre deux dominations étrangères, et des Arméniens, réputés notamment comme marchands habiles qui assuraient, le long de la Route de la Soie, non seulement les échanges commerciaux, mais aussi culturels et scientifiques entre l’Orient et l’Occident. Et quel serait le rôle des Arméniens dans ce dialogue, de nos jours?

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